Lundi 23 novembre 2009

"La lucidité est la blessure la plus proche du soleil"

René Char
Par Aline Tilleul - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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Dimanche 22 novembre 2009
Je découvre le blog de miss Catpower grâce à son commentaire sur l'un de mes textes.
Je l'aime beaucoup. J'aime ce qu'elle dit, et aussi cette voix derrière ce qu'elle dit (elle écrit depuis toujours).

Il me confirme dans un sentiment diffus que j'ai toujours eu, une pensée triste qui ne l'est pourtant pas : les blogs sont des linceuls. D'où renaît Lazare. (vous remarquez la renaissance après le point) -
Ils sont la tombe de nos pensées, mais aussi de la Chose littéraire comme transformation et expérience.
Ils renferment nos mots et nos morts, nos sentiments morts, les ossements des personnes adulées, après les cataclysmes.  C'est aussi le sens de Catpower au propre.


Ces blogs sont pourtant à l'évidence l'avenir de la littérature.  Car ils sont l'avenir de la conscience et de l'intelligence collective.
La technologie nous donne l'art comme elle nous donne la parole, dans la fausse évidence de l'é-cri-t.
Que la parole et toute pensée soient livrées à chacun, dans une générosité prodigieuse et indiscutable, tel est le prodige des blogs, paroles errantes à travers les uni-vers qui se connectent et se déconnectent à l'infini sans traces.
C'est tout le vieil univers littéraire qui s'écroule dans la poussière de ses privilèges (pour combien de temps encore ?).
La création se situe désormais ici, dans l'espace infini sans compromissions.


"Un peu d'éthique dans les TIC" ?  Enrobés de pub, il est vrai, parcellaires, incomplets et résolument non parfaits, ils donnent prise à la critique.  Nos fautes d'orthographe, les fautes de style, les balbutiements, les longs silences, le manque d'audience et de patience.
Ici, nous ne communiquons pas, l'on se croise, tout au plus, comme dans les trains.  Ou alors cette communication essentielle se fait par fragments  "comme sur une surface de Riemann".


Sur mon blog, je n'ai pas besoin de parrain ni de compromission.  Je n'ai pas à être d'une filiation quelconque.
Lilith, je suis libre.

Libre de dire les choses que je vois, que je ressens, que j'ai vécues.  Libre de leur donner cette forme d'intégrité qui me caractérise et par laquelle je pourrais facilement sombrer.
Grâce à mon blog, j'ai peut-être déjà sombré, franchissant le pas ineffable qui ne me sépare plus de l'Autre, ni de personne, et m'expose sans fin à la perte sans fin et à l'éternel recommencement.


Par Aline Tilleul - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Dimanche 22 novembre 2009


Il faut persévérer jusqu'au silence
où tout est dit

Brûler entièrement
une présence qui se fuit
Casser les mots
Ne pas laisser de cendres
Attendre
Déshabiller les paroles
Inventer un poème vivant
un poème à capture quantique
qui capturerait les pensées aléatoires
les mots de l'endormissement
le quantique contre l'antique
une façon de quantifier le cantique.
Par Aline Tilleul - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Samedi 21 novembre 2009


Hé oui ! même moi je me déplace de mon blog
à la 7e édition
de la 
FOIRE DU LIVRE BELGE


Cela se passe à quelques stations de chez moi,

au Centre Culturel d’Uccle (Bruxelles), rue Rouge, 47 plus précisément,

(d'où le choix de la couleur des caractères).

 

J'y fais deux rencontres vivifiantes, et je reconnais des gens, ici et là, connus dans une autre vie.

Ils ont suivi leur petit bonhomme de chemin, et ont beaucoup écrit.

Dans des livres papier à couverture brochée sous copyright, et bien sûr le code ISBN ...

 

De quoi donner quelque matérialité, un statut de pacotille à ce qui n'en a pas -

 

Le soir de l'inauguration, on m'offre des zakoustis et deux verres de champagne.  C'est très agréable : je rencontre quelqu'un avec qui je suis en relation virtuelle depuis bien des années !  Internet est un village, et nous vivons dans "le petit monde".

Avant d'avoir eu l'occasion de me présenter ... il sait déjà que c'est moi ... on s'était parlé à l'abord d'un stand. Il est plus mince que je ne l'avais imaginé.

Cet écrivain me raconte un peu ses coups de coeur, le long travail de traduction d'une écrivaine roumaine ...et aussi sa fatigue.  Une certaine désillusion transperce son regard sous les lunettes sages de scientifique aux talents multiples.

Il est vraiment adorable, m'offre l'un de ses livres (au lieu de le vendre !), m'introduit à un ami éditeur qui m'impressionne beaucoup (j'en parlerai une autre fois).

Puis je cherche les livres, j'écoute distraitement ...

Rien ne résonne ...  Il n'y a pas de voix.  La grande voix poétique qui m'a menée ici.  Il n'y a pas non plus le grondement du cyberspace, le grondement sourd d'une solitude universelle et vivifiante.

 


En gros, c'est l'hiver, il fait froid dehors, et la littérature ... brille toujours par son éternelle absence, une absence concertée, organisée, sociale.  Pas de scandale, surtout, pas un mot plus haut que l'autre. 
Une littérature technicienne et virtuose qui empile les invendus sur les invendus, et occupe le troisième âge (rien contre, du contraire, j'aide une toute vieille dame à transporter ses sacs de documentation; elle me raconte les derniers moments de son compagnon, il y a trois ans et demi, mais toujours cette souffrance d'avoir perdu l'être cher).

Il y a quelques jeunes aussi, des jeunes femmes à l'affût.

Mais l'on comprend vite que le public, qui ne s'est pas déplacé en masse pour fêter ses écrivants, n'a pas le feu sacré.

Pourquoi sont-ils venus, au fait ? pour toucher les objets-livres, passer le temps, et s'assurer que les écrivains sont des êtres vivants ?

 

Moi, je retourne dans mon cercueil cybernétique, et je vous le promets ...

personne ne brûlera mes livres, ni ma parole.  D'ailleurs, il n'y a rien à brûler ...

Ils sont enterrés au plus profond du secret, jetés sans discernement dans la mer cybersidérale qui se souvient de tout, de toute éternité.

 

 

CYBERSPACE IS OUR LAST FIGHTING GROUND

 

 

Par Aline Tilleul - Communauté : Littérature et art
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Samedi 21 novembre 2009


Suite à mon précédent article, et dans ma grande naïveté (mea culpa, mais on ne se refait pas), j'ai contacté le président du jury, plusieurs mois après la décision.

Pour découvrir que cet illustre académicien n'avait ...  jamais pris connaissance de mon manuscrit ...


Je regrette d'être encore celle qui a découvert que ... même les concours de poésie seraient pipés.



N'hésitez surtout pas à me détromper ...


Pour ma part, j'en reste à ce constat déplorable.
Littérairement, mais surtout sur le plan politique et éthique : quelle est la signification de telles pratiques dans une démocratie ???
Tellement admises qu'il n'y a presque rien à en dire, au risque de faire figure de mauvais perdant, de mouton noir indécrottable.

Je ne désire pas vraiment soulever de polémique, je ne cite pas de noms, j'interroge, je m'interroge, j'interroge ceux et celles qui passent par ici.


"Fait, étant" (Mallarmé) telle est la poésie, indestructible.
Et tout combat qui se respecte est un combat à voix nue.








Par Aline Tilleul - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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