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Aline Tilleul

La Fille qui n'aimait pas ses seins

Adieu

 

 

Je pense qu'il vaut mieux ne plus se voir pendant un très long temps - jamais peut-être.

 

Ne vous moquez pas : nous sommes des étrangers, mais un rien suffit à briser la distance, cette longue attente (de rien, me direz-vous) et ensuite, cela fait mal, comme un mirage dans le désert (non, non, il ne faut pas souffrir, surtout de rien). Vous n'avez jamais été réel, mais votre corps l'est (l'était), et vos mains, et vos lèvres, et votre souffle. Vous en jouez si bien. Je regrette tellement que vous n'ayez rien ressenti, rien compris de tout cela, c'était si merveilleux, si délicieusement douloureux, je croyais mourir d'extase tandis que mon coeur en marche se dilatait, s'ouvrait à l'infini, comme une plante assoiffée, avide de lumière ...

 

Heureusement, je sais que je vous oublierai, je vous ai déjà oublié, depuis longtemps, mais quelquefois, je me souviens, et le souvenir d'un seul jour est plus vivace que des années entières, comme une erreur nécessaire, bénéfique, et j'ai peine à renoncer à ce que je n'ai pas connu.  Ou peut-être l'ai-je connu ? cet amour infini, rien que pour vous a peut-être existé réellement ... il n'était pas en phase, ou déphasé, tout simplement ...

 

Mes joues sont en feu, je tremble d'attente et de désir, et je sais que vous ne viendrez pas, que vous ne ferez pas un seul pas, pas un seul geste vers moi : volupté de la solitude !  tout cela n'était qu'un rêve, une fiction pour noctambules !

 

 

Adieu donc, encore, et toujours, jusqu'à épuisement du dernier sentiment humain, de la dernière étincelle de compassion pour nos erreurs, pour notre impatience;

 

 

... et prions la Mort, notre divinité, de nous transformer en de belles pierres, nobles, éternelles.

 

 

 

Je n'ai jamais voulu mourir, je voudrais juste me figer d'indifférence.

 

Et bien sûr, je vous demande pardon de ces excès : vous ne l'avez jamais voulu, je sais ... du moins est-ce votre discours conscient car toujours vous y induisez.

 

Vous qui parcourez le monde à divulguer la bonne parole écologiste, pour moi seule, que vous avez aimée, vous n'avez rien ...

On ne prête qu'aux riches, ne cessiez-vous de me répéter invariablement,

mais j'avais peine à croire que vous ayez pu y croire ... vous qui dans certains milieux vous faisiez passer pour un guru de la solidarité ...

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