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Aline Tilleul

La Fille qui n'aimait pas ses seins

All-in-one

 

 

 

Finalement, il préféra la formule "all-inclusive".
En contrepartie d'un salaire, il payait l'assistante,

qui tout en portant la parole écologique, le soulageait en catimini,

tandis qu'il ânonnait béatement 35 ans d' amour en public, église comprise

(mais quel Amour Eternel comme la preuve en fut faite !).

Dans les premiers temps, il avait commencé par la trouver "chiante", banale, carriériste.
Il faut croire qu'elle s'était bien occupée de sa banane, et encensé sa lâcheté,

de rester avec une femme vieille et mourante, qui exigeait un trio, puisqu'elle n'avait plus rien, et de longue date, d'un objet amour.  Sinon, le souvenir, et la culpabilité, par laquelle on tient les juifs, et leurs descendants.

Oui, la formule "All inclusive" n'avait aucun remords de trahir une amie sur son lit de mort.

 

Ce ne fut pas tout : la hyène n'étais pas encore sûre de son coup, son amant était si volage !

Pour faire avancer son dossier, elle aida au discrédit d'une rivale, jusqu'à la soumission judiciaire d'un dossier fabriqué de toutes pièces, après avoir baffoué publiquement cette femme en appelant les gardes de sécurité alors qu'elle discutait avec son ex-amant (ignorante de ce qui se tramait dans le nouveau couple, tout au plus suspicieuse, avec son intuition exacerbée).

Une pauvre naïve qui n'avait toujours pas tout compris ...

qui répugnait à comprendre bassesse et banalité, dans un monde si élevé,

un tel manque de générosité et d'empathie chez des nantis.

Il apparaissait donc ainsi étrangement et très légèrement égragnité, sur des photos fabriquées a posteriori.
La porteuse de parole, hors de tout soupçon, se portait alors ... témoin ...

leur relation étant encore gardée secrète ...

Et lui, elle n'oublierait jamais ce regard narquois, de qui croit humilier la fierté.

Si fier de rejeter avec brio et fracas son propre amour, sa propre intégrité.

Je suppose qu'ils se disaient que leur mission écologique surpassait toute éthique, que face à un quidam ils pouvaient bien tout se permettre.  Qui les condamnerait lorsqu'ils seraient écologiquement élus ?

pas leurs pairs en tous cas, surtout français ...  tous baignaient dans la même petite combine.

Un vaudeville à peine digne d'un bon éclat de rires.

Mais c'était la fin de la politique, son sens s'écroulait de l'intérieur, se révélant sans masque, en toute transparence comme ils disent.
La transparence, c'était cela,

ce nain narquois qui humiliait une pauvre femme qui l'avait aimé,

et cette médiocre qui avait trouvé un bon filon pour monter, en s'accrochant à la soi-estime de la compagne officielle qui se mourait, et réclamait jusqu'à la fin son noble amour, qu'elle n'avait pas vouloir voir s'enfuir, depuis tant, et tant d'années.  La mourante complétait agréablement ce trio, ou ce quattuor éphémère, réclamant en plus de l'amour qui avait fui, la notoriété littéraire dont il craignait que la fille "commune", violemment fracassée, finalement jouisse à leur place (d'après eux : leur place ...).

Quel grand service la hyène leur rendait en apparences (et à elle-même, donc !) dont il saurait dûment la remercier aux temps venus :

le pauvre homme en était débarrassé à jamais,

confirmé dans la grandeur de son comportement héroïque !

Il éjectait de son burau, entre six gardes interloqués, une femme belle, intelligente, issue des classes qui font l'objet de discrimination positive, et qui ne devait rien à personne ...  Elle avait travaillé à cet endroit parce qu'elle était brillante.  Les travaux attestaient de son intelligence, et cette innovation que seule la coordination entre plusieurs disciplines peut apporter ... Fou qui détruisait ainsi tout ce travail collectif !

L'espoir d'un projet.  Fou qui reniait ses propres théories, et révélait ainsi sa vraie petitesse honteuse.

 

 

Dans le dossier judiciaire, la femme naïve nota bien qu'il y avait, sans raison apparente,

en plus de tous les mensonges, une erreur de timing, d'un an, concernant la date de leur rupture  ...

Elle comprit que ce pauvre lâche tentait ainsi de masquer aux yeux de la vulgaire carriériste le téléscopage des deux relations adultères ...

l'assistante supervisant probablement l'opération.

La conne marcherait, et de toutes façons tout cela lui était bien égal !

Tel est pris qui croyait prendre : il avait choisie celle qui voulait une place, en jetant la suspicion sur l'autre, celle qui n'avait besoin de rien, parce qu'elle était. 

 

 

Petit à petit la Vérité se faisait jour,

et, finalement, je regrettai amèrement d'avoir eu raison.

La raison vacillait.  C'est ce qu'ils auraient voulu, petite cerise sur leur gâteau pervers.

Mais j'ai la tête bien faite, et ma lucidité déchire le soleil.
Oui, je compris tout, et j'appris beaucoup.
Hélas, trop tard.  J'étais éjectée de mon paradis.
J'allais devoir tout recommencer à zéro, et errer loin de mon lieu.
Pour qu'ils puissent fanfaronner POUR RIEN au chaud.
Je savais déjà que rien ne sortirait de leur action, de leurs paroles, de leurs voyages.
Je savais qu'ils n'avaient aucune substance, qu'ils vivaient dans l'apparence.  Ils étaient eux-mêmes apparence.
Ils s'étaient dématérialisés, en n'étant plus que des images, lorsque la caméra est là.
Cet épisode révèle leur vrai visage, et leurs vraies convictions, et ce qu'ils sont au fond. 

Quelle défaîte ! 

 

 

Oui, j'aurais bien voulu me tromper.
Malheureusement, ce n'était nullement le cas, du contraire.

Parce que j'étais belle et intègre, j'avais pensé qu'il y avait eu erreur, un effroyable malentendu ayant pris des proportions ...

 

 

La boue dans laquelle j'avais trempé malgré moi me remontait à présent aux narines, nauséabonde.
C'est mon âme et ses vies multiples qui remontait ainsi, hélas !

 

J'étais montée dans un mauvais train, je m'étais trouvée dans le pire des wagons,

croyant que c'était mon itinéraire, en première classe, vers le Septième Ciel, en passant par le Soleil.

Prenant pour un ami, un frère, un parent, mon pire ennemi.



Violemment débarquée, je me retrouvais dans un Désert dont les ombres ne me frôlaient plus : j'étais devenue lépreuse, étrangement invisible.
Et je ne parlais pas ... 

 

 

Le silence s'est amassé dans ma gorge, et ma voix sort sans ostentation ni fioritures pour dire ce qui est.

Comme d'autres, je passe par les media pour parvenir à me représenter ce qui autrement resterait un obscur magma inintelligible, dans le non-dit qui fait la souffrance.

Persuadée que ceux qui me lisent ne comprennnent rien à ce que je dis,

je peux dévoiler tous les petits secrets sans importance qui font de moi ce que je suis.

Un être raffiné, délicat, lointain, et très proche de tout, à la fois, de l'intérieur.

Je me libère en déversant dans le monde ce qui pour moi défie l'imagination,

ce que je n'aurais jamais cru possible : une telle cruauté sans repentir ni mémoire !

 

Après tout, je ne suis qu'un avatar, un personnage fantasmé qui se libère d'un effrayant silence !!!

 

 

Tout ce qui s'est passé est tellement absurde et incroyable, qu'on aimerait bien effacer la bobine,

et se resouvenir des éclats, des sourires, et des mots d'amour : "Ma Belle Chérie" -

retrouver la braise sous les cendres, comme dirait l'autre.

Mais tout cela n'a certes jamais existé, il reste vaille que vaille le Livre comme rébus.,

mais aussi comme une suprême trahison préméditée.

 

Des livres, il en écrirait encore,

mais ils seraient vides, de plus en plus vides.

Avec moi, l'homme avait perdu son talent de l'intérieur : c'est moi qui l'avais pris.

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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 18/11/2011 17:50

Blog(fermaton.over-blog.com).No.20- THÉORÈME DE JEAN.
L'AMOUR ET ENCHANTEMENT ?