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Aline Tilleul

La Fille qui n'aimait pas ses seins

La F@im

 

 

 

  

   Elle était morte depuis plusieurs jours - déjà - reposait calmement sous les couvertures recroquevillée dans la couette qui enserrait son petit corps et sa tête.

     
    Elle reposait là parfaitement détachée et silencieuse.  Ses mains autour du visage, le visage sous l’étoffe.   Les yeux avaient sans doute glissé.
     
     
    On aurait très bien pu ne jamais la retrouver, ou beaucoup plus tard.
    Cela faisait longtemps déjà qu’elle vivait seule.  Seule, comme ce jour-ci sous sa couette.
    Les mains cachent le visage, enserrent le regard perdu : une chose inerte qui a juste arrêté de respirer.
     
     
    Elle donne l’impression d’attendre encore.  Combien de temps prostrée a-t-elle attendu dans cette chambre ?  Elle attend, c’est presque dommage de la distraire de cette longue attente qui est la sienne, du moment où elle s’est couchée, où elle s’est enseveli le visage de ses mains, pour oublier la honte.  Non pas la sienne : celle du monde.
 
     Ensuite, calmement, à gestes lents, on lui a déplié les mains, tout doucement, comme d’un enfant que l’on va baigner.
     
     
    Certains des voisins disent dans les derniers temps on entendait des cris sauvages, comme d’un animal pris au piège, des râles quelquefois, des lamentations …  d’étranges sanglots.


    Des cris de nulle part, personne n’est mort : sur la sonnette il n’y a pas de nom.

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Agnes 07/09/2011 12:40


Il y a une vérité, une authenticité dans cette douleur ...


Sarah 05/09/2011 20:09


Ca déménage !


Miche 05/09/2011 03:59


... indifférence, surdité, etc.


Aline Tilleul 05/09/2011 06:06



 


 


Hé ! oui ...