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Aline Tilleul

La Fille qui n'aimait pas ses seins

Les mots dits

 

 

 

Les mots ne sont pas toujours là pour cacher, pour occulter.
Bien trop souvent, ils s'envolent.

 

Mais je puis tout aussi bien dire la vérité, tout simplement, parce que cela m'est arrivé et que c'est incroyable, parce que cela n'intéresse que moi et nul autre sur terre.  Ou alors toutes les femmes qui vont vers elles-mêmes, et tous ceux conscients de la vérité dans le récit.

 

 

Mon esprit s'est fracassé.  Cette vérité, moi non plus, je n'y crois pas.

 

 

 

Mon ami, mon amant, un homme illustre, ou que du moins je croyais tel, car je me rends bien compte à présent que personne ne le connaît, que c'est un envieux qui avait fait de moi l'enjeu de complexes nombreux, un menteur qui se ment d'abord à lui-même, comme ses pairs   ... m'a fait raccompagner de son bureau entre des gardes.  Ces mots si simples cachent une horreur terrifiante, un cauchemar qui sans cesse revient, comme une chose impossible.  Ce lieu avait aussi été depuis plus de 15 ans celui de mon travail.

 

Son assistante, qui était aussi sa maîtresse, alors que sa propre femme se mourait d'un cancer, avait appelé la sécurité.  Par rivalité, avérée par la suite.

 

 

Ensuite, ces écologistes ont trafiqué une photo.  Ce champion sportif y apparaissait égratigné ... A peine. Mais tout de même avec un sparadrap, tout petit ...  Une griffe qu'il aurait pu s'être faite en se rasant, ou ...   

 

Telle une bête sauvage lui aurais-je sauté dessus ? 

Curieux comme personne n'a rien entendu, à cette heure de pointe de l'activité parlementaire.

 

Les deux gardes m'ont trouvée assise sagement en face de lui, croyant au dialogue entre les sexes, entre les classes.  Il s'agissait d'un différend littéraire.  Faut-il donc être bête.  Et quelle est donc cette littérature qui mène à de telles extrémités ou exterminations.  

 

Au moment de partir, l'homme médiocre et faux a sa petite pointe d'humour : "Raccompagnez très gentiment cette très gentille dame".  Il me fixait d'un regard bleu délavé, calculateur, content d'être arrivé à ses fins (lesquelles me direz-vous ?).  Celui qu'ils avaient eu à Auschwitz, les exterminateurs.   Pourtant, il se disait juif.

 

Aucun souvenir ne persistait dans ces yeux froids.  Tous les souvenirs étaient comme ramassés dans l'esprit du lieu, autour de l'église Sainte-Antoine autour de laquelle j'errais, interrogeant l'espace.   J'avais perdu mon âme.  D'avoir aimé un fou, je me trouvais à jamais dans le dehors infini. 

 

 Toute ressemblance avec un personnage réel ne pouvant être que fortuite et trompeuse ...  Et si de hasard, quelqu'âme égarée voulait reconnaître sa propre histoire ou la hideur de son personnage dans cette fiction, ce ne serait qu'une preuve que la fiction, même traquée, donne voix à l'universel.

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