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Aline Tilleul

La Fille qui n'aimait pas ses seins

Paris-Bruxelles - Gare du Nord

 

 

Elle aurait voulu le revoir une fois encore comme elle le vit ce jour-là, avec son grand chapeau et son sac d’éternel voyageur.  Ils étaient sur le départ et il la regardait.  Elle ne faisait rien, consciente qu’il scrutait son visage, amusé, presqu’inquisiteur.  Elle avait l’impression qu’il  la touchait.  Avec ses yeux.  Il s’arrêta sur le front, peut-être les cheveux.  Elle restait immobile, béate.   Elle était là, avec lui, cela n’avait rien d’étonnant, c’était comme cela depuis toujours.

Ses yeux réfléchissaient, c’était évident – était-il intrigué ? – ils évaluaient quelque chose, le pour et le contre, mais sans insistance.

Il avait une voix un peu traînante, une voix légère, presque comique.  Ses yeux parlaient, et sa voix riait en quelque sorte.

Cet homme avait d’étranges facultés : il était présent quand il était là, et lorsqu’il partirait, il ne laisserait pas de vide, pas de place vacante.  Il laisserait un souvenir de lui, agréable.  Elle n’imaginait pas vraiment ne plus le revoir (plus jamais).  Il était trop léger pour cela, pour une rupture définitive.

A certains moments, le vide se creusait, et alors elle appelait, elle appelait très fort, comme s’il était absent, comme s’il pouvait être présent.  Elle appelait se sentant menacée, cet homme – « peut-être » avait le pouvoir de

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Vincent 13/09/2011 16:57


Poésie des gares, poésie des départs, immense poésie ...