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Aline Tilleul

La Fille qui n'aimait pas ses seins

Retenir sa trace

 

 

Retenir du visage - dans la solitude, dans l'infini désoeuvrement - sa trace, la trace infinie qu'il laisse en nous et hors de nous en dehors de toute raison, de toute déraison.

 

 

Se souvenir, oublier, binôme qui se tient et qui nous tient.
Ces yeux touchés, brûlant d'éternité, tôt disparus, perdus, effacés.  Je ne retrouverai pas le contour de ta bouche, la comisure amère de tes lèvres, cette ride légère qui me souriait.  J'ai perdu la trace de mes doigts sur tes mains et sur ta peau.  Je ne suis plus là, en toi, et pourtant je te garde.  Je te regarde vivre et sourire, pour d'autres, loin de moi.  Etrange, ce rapport de la perte en moi, cette acceptation infinie, ce retrait, rien de positif dans tout ceci mais la mort originelle et la poursuite, la passion absolue de la perte.

 

 

Près de toi, très loin en moi, s'ouvre à l'aveugle cet espace mystique où il ne vient jamais personne et où règne le silence minéral de la fossilisation des êtres et des sentiments. 

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